Election présidentielle Gabon 2016 : l’heure du choix.

Ali Bongo Jean Ping
Jean Ping et Ali Bongo Ondimba ; source : icibrazza.com

Dans deux jours, les Gabonais iront aux urnes. Il s’agira pour eux d’élire le président de la République. Leur choix portera-t-il sur Jean Ping ou Ali Bongo Ondimba ? Deux certitudes à ce stade : l’élection aura bel et bien lieu le samedi 27 août 2016, et le vainqueur ne sera pas une femme.

11 candidats en lice, pas de femme

De 18 candidats à la candidature, l’on est passé à 14 puis 11 (après le ralliement de 3 candidats à Jean Ping) sans aucune figure féminine. Une élection présidentielle est un événement politique majeur. Le moment de dire certaines vérités. J’en veux pour preuve la déclaration de Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle américaine de cette année, sur la chaîne de télévision CNN, concernant les Africains Américains.

Donald Trump africain americain african american
Capture d’écran CNN

A l’instar des Etats-Unis d’Amérique, le Gabon va confier les clés de son palais présidentiel à celui des 11 candidats qui arrivera à l’en convaincre au terme de la campagne qui bat son plein dans les 9 provinces du pays et, au-delà, dans les communautés de Gabonais vivant aux quatre coins du monde. Pour commencer, faisons connaissance – à travers un article du site internet Le Monde Afrique – avec les toutes ces personnalités politiques en lice pour accéder au Palais du Bord de Mer à Libreville.

Les grands électeurs

La recette d’une campagne électorale au Gabon, comme partout ailleurs, c’est : beaucoup de logistique, des tournées auprès des électeurs dont le quotidien n’intéresse d’habitude personne,  la volonté d’occuper l’espace médiatique, et beaucoup de petites phrases, telles des flèches empoisonnées, que l’on décoche non pas pour endormir le candidat d’en face, mais bel et bien pour le tuer. De plus, au Gabon comme dans certains pays africains de l’ex-empire colonial français, il y a ceux que l’on considère comme les grands électeurs. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas leur taille physique qui en fait des grands électeurs. Puisque ça va du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy en passant par François Mitterrand et Jacques Chirac. Non, la taille n’est pas un critère important. Le critère déterminant ici est double : racial et géographique. Le grand électeur ici est un ressortissant français détenant le pouvoir politique. Un(e) Blanc(che) pour faire court. Les grands électeurs ne sont inscrits sur aucune fichier électoral gabonais. Ils n’ont donc pas de carte d’électeur. Cependant, leur avis sur les candidats n’est jamais pris à la légère. D’abord par les candidats eux-mêmes, puisqu’avant chaque élection ils font des pieds et des mains pour se faire prendre en photo aux côtés d’au moins un grand électeur.

Jean Christophe Cambadélis et Jean Ping à Paris ; source : jeanping.org

Jean Ping Cambadelis

Souvent, c’est le grand électeur lui-même qui apporte généreusement sa caution au candidat de son choix, comme l’a fait l’Elysée dans l’affaire de l’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba. Les choses semblaient pourtant mal embarquées. Après les déclarations de Manuel Valls dans l’émission « On n’est pas couché »

Après les grands électeurs, c’est au tour des Gabonais de faire leur choix. Espérons que leur choix aura la valeur qu’il mérite.

Fin de la françafrique et Realpolitik

En regardant dans le rétroviseur, les élections présidentielles dans d’autres pays d’Afrique centrale francophone ont permis de voir les limites de la volonté proclamée des dirigeants français de rompre avec la françafrique. Au nom de l’opération Barkhane, Idriss Déby Itno (Tchad) a été reconduit les doigts dans le nez. Au nom du financement de la COP 21, la France a fermé les yeux et les oreilles sur le climat de violence qui a entouré la modification de la constitution par Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville) et sa réélection. Au-delà de la question de savoir qui va remporter l’élection présidentielle de ce samedi 27 août au Gabon, la vraie question est : la France saura-t-elle garder sa neutralité ou, plus simplement , respecter le choix du peuple gabonais ? Par-dessus tout : le peuple gabonais saura-t-il faire respecter son choix ?

Twitter : @keumayou

 

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