Ne nous contentons pas de refuser la misère, combattons-la.

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Lutter contre la misère et la pauvreté est un noble combat. Que l’Organisation des Nations Unies ait instauré cette journée et qu’elle soit régulièrement célébrée est un bon signal. Mais soyons réalistes. L’intitulé de cette journée du 17 octobre est déjà une escroquerie en soi : la journée mondiale du refus de la misère. Depuis 1987, l’humanité refuse la misère, pourtant elle n’arrête pas de progresser dans le monde.

Un économiste vous dira que toute personne vivant avec moins de deux dollars par jour, vit en-dessous du seuil de pauvreté. La misère est une question d’argent et de seuil. Si vous n’avez pas d’argent, ou du moins si vous n’atteignez pas un certain seuil de dépense par jour, alors vous êtes forcément pauvre et misérable. Votre place est en classe économique du train de la mondialisation. Dans les pays riches comme dans ceux qui le sont moins, il n’existe plus seulement des pauvres, il y a aussi les travailleurs pauvres. C’est la classe premium de la pauvreté, en opposition à l’extrême pauvreté qui a reculé. Sortir de la pauvreté ne vous donne pas automatiquement une place dans le wagon de la richesse. C’est comme l’histoire du paradis et de l’enfer. Vous devez d’abord passer par le purgatoire des travailleurs pauvres.

La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Dans ce wagon-là, il commence à manquer des places. Pourtant le mot d’ordre reste le même. Refuser la misère, c’est se comporter comme ces femmes qui sont dans le déni de grossesse. Tant qu’elles n’ont pas avorté, la grossesse suit son cours. Depuis trente ans, certains rêvent d’en sortir en prenant le chemin de la France. Qui leur avait répondu le 3 décembre 1989 par la bouche de son Premier ministre de l’époque, Michel Rocard, « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».  C’était dans un contexte où il fallait éviter d’alimenter le discours du Front National sur la politique d’immigration. Une trentaine d’années plus tard, le parti est aujourd’hui bien installé dans le paysage politique en France. Les autres pays européens ne sont pas épargnés par cette montée des partis xénophobes. Le BREXIT en a été le signe le plus fort.

Arrêtons de refuser la misère, combattons-la avec détermination.

Et nous continuons de refuser la misère. Que voulez-vous que cela lui fasse ? Les pays européens essaient de s’enfermer dans une forteresse pour empêcher les migrants de les envahir, pourtant les vagues de migrants, qui arrivent souvent de très loin pour regagner l’Europe continentale, souvent au prix du sacrifice suprême, ne cessent de grossir. Soyons donc réalistes. Arrêtons de refuser la misère, combattons-la avec détermination.

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