Sommet Union Africaine Union Européenne 2017 : la RASD finalement invitée.

Depuis le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine qu’elle avait librement quittée en 1984, il ne se passe plus un seul Sommet sur le continent sans que les rivalités entre le Maroc et l’Algérie sur le dossier de la RASD – République Arabe Sahraouie Démocratique placent les diplomates africains dans l’embarras. Le cinquième  Sommet Union Africaine Union Européenne, qui se tient à Abidjan à la fin du mois de novembre, n’a pas échappé à cette logique. 

Le Front Polisario

Avant le retour du Maroc au sein de la grande famille africaine en début d’année,  ce Sommet était appelé Sommet UE/Afrique. Cette appellation permettait aux organisateurs d’inviter un pays africain non membre de l’UA, le Maroc. Malgré sa politique assumée de la chaise vide, le royaume chérifien n’a jamais été marginalisé par les autres pays africains. Sur les plans commercial et économique, les entreprises marocaines (Royal Air Maroc, Office Chérifien du Phosphate, Attijariwafa Bank, Banque Marocaine du Commerce Extérieur…) n’ont pas été punies pendant la trentaine d’années au cours desquelles leur pays boudait les cercles diplomatiques africains.  Les clubs et les équipes nationales marocains ont participé à toutes les compétitions inter-africaines.

Les occasions manquées du Maroc

Malgré tout ce qui précède, le Maroc n’a pas toujours su placer les intérêts du continent au-dessus des siens. En pleine crise d’Ebola en 2015, le Maroc a refusé d’accueillir la Coupe d’Afrique des Nations de football dont l’organisation lui avait été confiée. Heureusement, la Guinée Équatoriale a accepté, au pied levé, d’accueillir la compétition en lieu et place du Maroc. L’année suivante et sur un tout autre registre, le Maroc et ses alliés du monde arabe plombent le quatrième sommet afro-arabe de Malabo pour protester contre la présence du Front Polisario à la table des discussions.

Le Maroc est membre fondateur de l’OUA

Pour un pays qui n’est pas membre invité ou associé mais membre fondateur de l’ancêtre de l’Union Africaine, cette attitude est incompréhensible. Même si le Maroc de Mohamed V a d’abord refusé l’admission de la Mauritanie qu’il considérait comme une partie intégrante de son territoire, il a fini par signer la charte créant l’OUA – Organisation de l’Unité Africaine, au nom du projet panafricain naissant que portait cette génération de leaders. En ne rappelant pas ces préalables à leurs pairs marocains, les autres diplomates africains ne font pas oeuvre utile.

Union du Maghreb Arabe paralysée

Car si le venin de la division qui a tué l’Union du Maghreb Arabe venait à produire les mêmes effets sur la CEDEAO puis l’Union Africaine que le Maroc vient de rejoindre, la responsabilité de cette contamination serait partagée par tous les États concernés. L’Union Africaine n’a pas que des mérites, mais elle en a un qui est fondamental, celui d’exister. Dans le contexte de mondialisation actuel où toutes les autres parties du monde chassent en meutes, pourquoi les Africains seraient-ils les seules brebis de l’enclos  ? Leurs divisions sont-elles aussi insurmontables qu’elles en ont l’air ? Pour l’instant, le facteur clivant le plus visible s’appelle le Maroc.

Front commun ou cavalier seul

Comparé aux pays d’Afrique subsaharienne, le Maroc entretient des relations plutôt privilégiées avec l’Union Européenne, et c’est tant mieux. La diplomatie marocaine a pris le temps et s’est donné les moyens de rayonner par elle-même. Elle a l’habitude du cavalier seul. Quant aux autres pays, ils n’ont pas besoin de l’aide du Maroc pour peiner sur la scène diplomatique internationale. En revanche, il n’est pas certain que le rôle perturbateur dans lequel le pays de Mohamed VI semble s’enfermer reste sans conséquence.  Au minimum cela va lasser les uns et les autres qui regretteront d’avoir réintégré le Maroc sans fixer un cadre contraignant à cette procédure,  soit les diplomaties de l’Union Africaine et du Maroc évolueront en parallèle,  au risque que les intérêts commerciaux et diplomatiques de chacun des deux camps finissent par ne plus du tout se toucher. Cette fois-ci, l’honneur est sauf. A moins qu’une catastrophe industrielle ne se produise en dernière minute, tous les pays membres de l’Union Africaine (dont le Maroc et le Polisario) seront à Abidjan les 29 et 30 novembre 2017.

@Keumayou

 

 

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